Les reliques du fondateur

Histoire courte

Avant de reposer dans la chapelle Saint Jean-Baptiste de La Salle, les reliques du père fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes connurent de nombreux transferts, depuis l’église Saint Sever jusqu’à la chapelle du pensionnat, en passant par plusieurs lieux de cultes en France mais également en Belgique et en Italie. C’est d’ailleurs dans la ville de Rome que reposent une partie de ces reliques.

96 Rue Saint-Gervais, 76000 Rouen

*fermé au public

Histoire complète

À la mort de Jean-Baptiste de La Salle, le 7 avril 1719, sa dépouille est déposée dans la chapelle Sainte-Suzanne de l’église Saint-Sever, paroisse du Pensionnat Saint-Yon. Le curé de la paroisse la fit recouvrir d’une dalle de marbre rendant hommage, en latin, à son paroissien avec lequel il avait eu de nombreux démêlés.

En 1734, les Frères ayant construit une chapelle sur le domaine de Saint-Yon, le Cardinal-Archevêque de Rouen de Croy-Sorle autorise le transfert de la dépouille du Fondateur (16 juillet 1734). Le cercueil est alors enfermé derrière l’autel du chœur de la chapelle.

Les Frères ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé (1790), la maison est fermée le 1er décembre 1792. L’année suivante, la sépulture est ouverte, le plomb du cercueil volé, tandis que les ossements et habits sont rejetés dans la fosse.

Revenus à Rouen en 1819, les Frères furent autorisés à faire des fouilles dans la chapelle Saint-Yon en 1835, alors qu’était introduite la cause de canonisation de Jean-Baptiste de La Salle. Le 4 mai 1835, ses restes étaient découverts (le corps est presque complet à l’exception des omoplates et de quelques vertèbres). Ils sont exhumés puis transférés, le 9 mai, dans la chapelle de l’École normale de la rue Saint-Lô, dont les Frères avaient la direction depuis 1821. Les reliques y resteront jusqu’au renoncement des Frères à diriger l’École normale en 1879.

Le départ des Frères à Pâques, en 1880, fut suivi de celui des reliques deux jours plus tard (30 mars) vers la chapelle de l’école supérieure des Frères de la rue Beauvoisine.

L’ouverture du pensionnat, rue Saint-Gervais, en 1880, en faisait la maison principale des Frères à Rouen. Les supérieurs de l’Institut se résolurent à y déposer définitivement les reliques de Jean-Baptiste de La Salle (Lors de l’exhumation de 1835, le Frère Anaclet, Supérieur général, les avait, en vain, réclamées pour la Maison-mère de Paris. Le Vicaire-général de Rouen s’y était formellement opposé, accédant, cependant, à octroyer un fragment de sternum).

Salle des reliques
Salle des reliques

Transférées au Pensionnat, le 30 juin 1881, elles prennent place dans la chapelle de l’époque au rez-de-chaussée du bâtiment principal. Après l’édification de la Chapelle, la translation des reliques est l’occasion d’un Triduum [trois jours de prières] solennel les 12,13 et 14 juin 1888.

La loi sur l’interdiction d’enseigner pour les congrégations religieuses (juillet 1904) menaçant la fermeture du Pensionnat, le Frère Thomas, Directeur, après accord de l’Archevêque de Rouen, Monseigneur Fuzet, fait transporter les reliques, de nuit, jusqu’à l’église Saint-Gervais proche. Elles furent dissimulées sous l’autel du Saint-Sacrement de la sacristie.

En janvier 1906, la perspective des inventaires amène à un nouveau déménagement vers le patronage Saint-Victrice, patronage de la paroisse, dans un premier temps, puis vers la chapelle du Pensionnat pour jeunes filles Renard, dans la rampe toute proche. Le 29 juin 1906, les Frères Assistants Viventien-Aimé et Louis de Poissy viennent les chercher pour les transférer à la Maison-mère, alors située à Lembecq-lez-Hal, en Belgique.

En 1937, la châsse est transférée à Rome, suivant ainsi la Maison Généralice de la Via Aurelia. Sur requête du Frère François de Sales, le Supérieur général, Frère Junien-Victor, accorda un fragment important de reliques au Pensionnat. L’ancien directeur, Charles Collier (Frère Adolphe-Joseph), fut chargé de dessiner puis de faire réaliser le reliquaire actuel pour la réception solennelle du 24 mai 1937.

Les reliques du fondateur
Le reliquaire porté par deux frères, un jeune et un plus âgé