La chapelle de Saint-Yon

Histoire courte

Constatant le succès de l’école de Darnétal, Monseigneur Colbert, Archevêque de Rouen, cherche à établir un lieu d’enseignement où développer la pédagogie lassalienne.

La création du pensionnat de Saint-Yon fait suite au rachat du bâtiment négocié par le Supérieur général Frère Barthélemy. Après des années passées à y enseigner, Jean-Baptiste de La Salle y meurt en 1719.

En 1728, les Frères construisent de leurs propres mains, une chapelle destinée à recueillir les reliques du Fondateur qui y sont déposées en 1734.

À sa vente en 1792, le pensionnat devint tour à tour un hôpital de prison et de dépôt de mendicité, un asile d’aliénés, une école normale d’instituteurs avant d’accueillir le Pôle régional des Savoirs en 2012. 

115 Boulevard de l’Europe, 76100 Rouen

*fermé au public

Chapelle Saint-Yon
La Chapelle Saint-Yon

Histoire complète

En février 1705, à la demande du curé de Saint-Sauveur, Louis Deshayes, ami sulpicien, Jean-Baptiste de La Salle envoie deux frères pour tenir l’école de Darnétal. Monseigneur Colbert, Archevêque de Rouen, devant la désorganisation des écoles charitables de Rouen et le succès de l’école de Darnétal, chargea son Vicaire-général de se mettre en relation avec Jean-Baptiste de La Salle.

Avec l’appui du Premier président du Parlement de Normandie, Nicolas-Pierre Camus, fit venir les Frères à Rouen. En mai 1705, Jean-Baptiste de La Salle arrivait à Rouen avec plusieurs disciples. Cherchant à transférer le siège de l’Institut et de son Noviciat depuis Paris où leur situation se précarisait du fait de difficultés et de conflits, il loue une propriété appartenant à Anne de Souvré, veuve du marquis de Louvois (ministre de Louis XIV), à l’extrémité du faubourg Saint-Sever.

Cette ancienne demeure seigneuriale, appelée « Clos des trois cochons », « Enclos des trois maisons cornues » ou plus généralement « Manoir de Hauteville », avait été vendue, en 1604, à Eustache de Saint-Yon, maître de la Chambre des comptes de Normandie, qui y établit un oratoire dédié à Saint Yon. Dès lors, la propriété fut appelée de ce nom.

Au total, la propriété louée, à partir du 11 juillet 1705 pour 400 livres, avait une superficie de dix acres (près de 6 ha). Après la mort de la marquise de Louvois (décembre 1715), ses 4  héritiers mettent en vente la propriété, enjoignant les Frères de la quitter. Jean-Baptiste de La Salle chargea le Supérieur général Frère Barthélemy d’en négocier l’achat (mars 1718).

Outre le noviciat qui accueille 58 personnes entre 1705 et 1714 (119 entre 1715 et 1724), le fondateur crée un pensionnat comportant trois types de classes : classe de formation professionnelle (préparant à un métier) pour les fils de bourgeois commerçants, où le sens pratique est développé, classe de redressement pour les enfants indociles et classe de correction pour les enfants internés par lettre de petit cachet à la demande d’un particulier.

La pédagogie lasallienne (enseignement en français, classe collective, enseignements diversifiés et spécialisés tels que les mathématiques, le dessin, la comptabilité, …) est telle que son succès attire dans l’école les « non-pauvres ».

En 1728, les Frères construisent, de leurs propres mains, une chapelle destinée à recueillir les reliques du Fondateur. Le 16 juillet 1734, les restes de Jean-Baptiste de La Salle, mort à Saint-Yon en 1719 et inhumé dans l’église Saint-Sever, y furent transportées et l’église bénie sous le nom de l’Enfance de Jésus.

Plaque commémorative
Plaque commémorative

La façade est composée de deux portiques superposés encadrés par des colonnes doriques et ioniques et surmontés par un fronton cintré. Deux niches latérales la complète ; elles comportaient les statues de Saint Joseph et Saint-Yon, sculptées par le rouennais Marin-Nicolas Jaddoulle (1736-1805).

Ayant refusé de prêter serment en 1790, les Frères sont contraints de quitter Saint-Yon le 1er décembre 1792. Jardins et vergers furent vendus, la chapelle devint dépôt d’armes puis garde-meubles. Quant au manoir, il servit d’hôpital, de prison et de dépôt de mendicité (1812).

À partir de 1820, le Manoir de Saint-Yon, sur décision des autorités départementales, accueillit un asile d’aliénés qui sera exclusivement réservé aux femmes à partir de 1854.

En 1880, agrandi, il fut transformé en École normale d’instituteurs, fonction qu’il conserva jusqu’en 1963 (à l’exception de la Première guerre mondiale où fut installé l’Hôpital auxiliaire n°103 de l’Union des Femmes de France). Le déménagement de l’E.N. en fit un collège (Alexis Carrel puis Jean Lecanuet), jusqu’en 2002, avant d’accueillir le Pôle régional des Savoirs (2012).


Et aujourd’hui ?

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